L’opération Babélio a de nouveau eu lieu, et j’ai hérité d’une nouvelle biographie à vous faire découvrir : celle de Michel Pageau, le trappeur canadien que l’on connait en France pour le documentaire « il parle avec les loups » où il apparait dans son refuge avec son loup préféré.

Lorsque j’étais plus jeune j’étais passionnée par la trappe, limite obnubilée. J’avais lu tout ce qui m’étais passé par la main à ce sujet en débutant comme tout le monde par du London, puis en passant par les traités animaliers du grand Nord et la littérature de pionniers américains. Pourtant quand j’ai commencé le livre, j’ai été perturbée par le ton que cela prenait. Nous ne sommes pas dans du linéaire, on dirait que l’on discute de vieux  souvenirs en suivant vaguement les époques de l’enfance, du trappeur adulte puis de l’homme qui sauve les animaux. Du coup ce qui devait être une biographie devient une espèce de dialogue auprès du feu que la plume de Françoise Perriot transforme en petite poésie de la vie d’un homme.

Il faut dire que le personnage est attachant et que les univers dans lesquels il évolue ont le truc pour vous accrocher aux pages. Et lorsque l’on clôture le livre par la troisième partie (qui fusionne le héros du livre au personnage de Michel Pageau que vous aviez vu plus jeune à la télé) vous avez cette sensation d’avoir relié deux informations que vous aviez jusqu’alors au bout de la langue sans arriver à mettre le doit dessus. C’est le mariage de l’univers des trappeurs que l’on trouve dans la littérature, et celui moderne et eco-citoyen que l’on vivait à la télé avec Cousteau et Michel Pageau.

D’ailleurs au sujet du thème écolo… Je craignais trouver dans le livre une fable écologique détournée. Pourtant, si le message écologique est bien là, il est donné avec une telle délicatesse et poésie qu’on ne le ressent absolument pas comme une leçon. Françoise Perriot (qui a rédigé le texte) le fait avec une politesse et une finesse qui a le chic de rendre une promiscuité au personnage tout en restant retenue et très personnelle.

C’est un livre que j’ai apprécié malgré sa forme  intimiste et non linéaire, étrange pour une biographie. Si vous voulez en savoir plus il est vendu à 19€ aux éditions du seuil depuis fin 2008.

Dès son enfance, une voix a éveillé en lui l’appel de la nautre, puissant, irrésistible. Arpentant l’immense forêt boréale d’Abitibin aux confins du Québec et des territoires du Grand Nord, Michel Pageau apprend la dure loi de la vie sauvage, s’y confronte et la respecte. Il devient vite un trappeur redoutable, capable de pister des jours durant des loups, des carcajous, de transpercer à trente mètres un ours avec une flêche.
De la lignée mythique des trapperus français, ces coureurs des bois épris de liverté qui ont forgé la légende du Canada, Michel Pageaun, comme ses ancêtres, comme les Indiens qu’il côtoie, affronte raquette aux pieds les terribles hivers pour relever ses pièges et colelcter les fourrures…
Mais, saison après saison, une inquéitude grandissante le taraude. L’immense forêt d’épinettes succombe sous les coupes à blanc des tronçonneuses, et se réduit chaque jours un peu plus l’espace vital de tout un peuple de poils et de plumes, dont il se sent si proche. Alors Michel Pageau « se convertit » : lui qui hier encore donnait la mort aux animaux désormais les recueuille, les soigne et surtout leur rend la liberté.
Aujourd’hui, près d’Amos, en Abitibi, le Refuge Pageau, le plus emblématique du Québec, est là pour témoigner de la force de cette réconciliation.

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