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Bon, quand j’étais petit, on travaillait notre adresse en tentant de faire un maximum de ricochets à la surface de l’eau avec des cailloux, le truc classique que vous connaissez tous.

A Djibouti ça marche pas super comme concept on dirait, je crois qu’ici ils travaillent plutôt la force, enfin jugez vous même de ce qu’ils balancent à la flotte :

Autre solution, c’est une variante locale de pile ou face, mais j’avais pas remarqué qu’ils aient les pouces spécialement surdéveloppés…

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Quand on se balade dans les rues, un des premiers trucs qu’on remarque, ce sont les taxis (et les voitures de police, mais ça on évite de les regarder trop fixement). Ici les taxis ont des dégaines de voitures de police allemandes tunées : ils sont vert et blancs pour l’essentiel, mais les propriétaires s’autorisent des fantaisies pour le bas du véhicule. On croise un peu de tout là dedans : un certain nombre a le volant à droite – des voitures importées de Dubaï – d’autres ont le pare brise fêlé, voire carrément absent, c’est à se demander où ils collent la vignette d’ailleurs.

Les taxis doivent représenter un bon quart de la circulation automobile de Djibouti-ville, mais on croise aussi un certain nombre de « bus » : ce sont des camionnettes qui suivent plutôt fidèlement leur itinéraire, qui accueillent des passagers sur ce trajet, et qui participent joyeusement de l’ambiance colorée des rues : ils sont généralement recouverts d’inscriptions en lettres rose bonbon et jaune, les rétroviseurs sont emmitouflés dans des caches en forme de fleur (cousus par une grand-mère oisive ? Je le croyais au début, avant de remarquer combien cet accessoire était répandu).

Avec la profusion de véhicules dans la capitale, la présence du port (centre économique du pays), du palais présidentiel, et de plusieurs ambassades, les routes sont en assez bon état… Ce qui n’empêche pas parfois de trouver des ornières de 50cm de profondeur pour 70cm de diamètre. Du coup tous les européens roulent en 4×4.

Les trottoirs de la ville sont larges, et offrent trop d’opportunités de se garer, s’asseoir ou installer un stand de vente pour que les djiboutiens gâchent cet espace en circulant dessus ; les piétons préfèrent circuler sur la route, traverser sans crier gare, et ne pensent pas à signaler leur présence la nuit par le port de vêtements clairs… Ici en tous cas on peut dire sans crainte que la route est à tout le monde.

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Il y a un truc sur lequel on a pas besoin de se consulter avec Laetitia, c’est cet accord tacite d’essayer à nous deux de goûter un maximum les cuisines locales quand on voyage (avec quelques petites exceptions : on réfléchit quand même un peu avant de manger des insectes par exemple). Déjà, l’autre jour, on a mangé du dromadaire. Donc quand on a vu que le resto éthiopien Le Tana proposait des « cours » de cuisine, on a sauté sur l’occasion.

Rendez vous le matin devant le restaurant. Neuf participants, une organisatrice, et trois cuisinières : on sait déjà qu’on va être serrés dans la cuisine. Je suis le seul mec de l’assemblée. Je fais mine de rien, de toutes façons, dans une cuisine, je suis à l’aise.

On se sent un peu seul pendant la découpe des oignons, on entend les autres discuter dehors : « ah oui, couper les oignons c’est la seule chose que je laisse ma bonne faire ». Bon… il y en a qui ont l’esprit colonial, surtout les plus âgées. Ceci dit l’ambiance est bonne, et on discute gentiment quand on sort respirer dehors pour fuir la chaleur et les mouches de la cuisine.

Leur oignon est très parfumé, les cuisinières appellent ça « échalote éthiopienne », c’est la base de leur cuisine : oignon revenu doucement, huile, tomate en petit dés, ail, et souvent un peu de concentré de tomate. Beaucoup de plats contiennent du piment aussi, à l’odeur il est plus parfumé que fort.

C’est une cuisine grasse, mais assez appétissante. On doit goûter ça ce midi, on vous dira ce que ça vaut. Normalement on mange les plats dans des grandes galettes : des injeras. Mais là on va devoir faire du riz pour compenser parce qu’il n’y en a pas assez.

Allez, comme ça m’a plu tout ça, demain rebelote avec un restaurant yéménite. Et si vous êtes sages vous aurez peut être les recettes du Thiree Kifto et du Doro Wat en photo pour plus tard.

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C’est mon premier voyage en Afrique, je vais donc certainement passer par un certain nombre de lieux communs dans les notes à venir, mais bon…

Ici le dépaysement est total.

Première évidence : Djibouti est un pays pauvre. En se baladant, on voit partout des désœuvrés. La plupart trompe l’ennui en mâchonnant du kat. Près des usines et des chantiers on croise des ouvriers en tenue qui espèrent se faire embaucher. Il semblerait que l’embauche se fasse à la journée, le CDD minimal et sans prime de risque quoi.

On croise aussi beaucoup de vendeurs de rue, installés sur un tapis ou directement assis sur leur glacière, vendant qui de la nourriture et des boissons plus ou moins fraîches, qui des articles d’« artisanat local », qui du kat…

Et enfin on croise des chouffes. Ce sont un peu des hommes à tout faire, leur travail variant selon l’employeur. La plupart sont gardiens d’immeuble ou de résidence : ils attendent devant la maison, repèrent les va-et-vient, punissent les éventuels voleurs qui se font attraper, ouvrent les portails, montent les courses et nettoient les voitures. D’autres attendent en ville pour « aider » les gens à se garer. Leur donner un pourboire assure la protection de la voiture en notre absence, ne pas en laisser est la source quasi certaine d’incidents malheureux pour le véhicule.

Autre signe notable de pauvreté : les rues sont très sales. Outre les sacs poubelles et les ordures qui volent un peu partout, on trouve des zones décharges à plusieurs endroits, entre les bâtiments en construction. Ces zones servent de douche / WC aux chouffes du coin pendant leurs heures de services. Apparemment il est commun ici de déféquer dehors. Et encore je parle ici des quartiers riches, je n’ai pas encore vu les bidonvilles de près.

Ces décharges sont aussi des sortes de cantines pour les chèvres locales, qui manifestent encore une fois cette capacité incroyable à manger de tout.

A ce propos on est surpris par les animaux qu’on peut voir se balader librement en ville : les chats c’est normal, les chiens aussi, quoique là ils soient la plupart du temps sauvages, les rats on s’y attendait, la profusion d’oiseaux colorés aussi, mais les dromadaires… Tout comme les chèvres, ils doivent certainement avoir des propriétaires, mais on ne les voit pas. Je croyais pourtant que le proverbe disait : « Prie Dieu, mais attache ton chameau », décidément on nous ment jusque dans l’importation des dictons étrangers…

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Laetitia est complètement écrasée par la chaleur, c’est moi qui prends les commandes du blog pendant quelques jours, le temps qu’elle retrouve la force de s’approcher de cette machine brûlante qui contrebalance dangereusement l’effet de la clim.

Donio

Ca y est, on est en Afrique. Je vous ferai d’autres notes bientôt quand j’aurais plus d’éléments à charge, maison va faire les choses dans l’ordre : d’abord le voyage.

Réveil 4h30 : dur, surtout qu’on s’est pas couché tôt la veille, mais c’est nécessaire si on veut être à l’aéroport à 6h30 pour l’enregistrement des bagages. Bon, le trajet en bus+RER dure quand même un moment, et on a la surprise de constater qu’un monde fou va à la gare de Lyon  en bus à 5h00 du matin.

A l’aéroport on a un premier avant goût de l’Afrique : notre avion est annoncé avec un retard de 2 à 3 heures. Il parait que c’est un classique, il ne faut pas être pressé, c’est tout. Bon, en attendant c’était bien la peine de nous faire lever si tôt… Heureusement, pour se faire pardonner, la compagnie offre le petit déjeuner. A ce sujet on est tombés sur un serveur complètement barge à la cafète, extraits de sa philosophie :

- »Dutroux, tout ça, c’est la mafia hein ! Avec leur cocaïne… »

- »Il y a des gens qui réussissent forcément, c’est comme ça. Delon il aurait bossé ici, il serait devenu patron. »

- »Ah bon, vous ne buvez pas de lait ? Il ne faut pas manger de viande non plus mademoiselle, pour être belle. »

Bref…

L’avion Paris-Sanna est très confortable, et le service est suffisant (on n’a du se lever qu’une fois pour réclamer à boire, nos autres demandes ont été devancées). A noter que le repas de midi était assez bon, ce qui est rare en avion.

L’escale au Yémen nous rapproche déjà des réalités indigènes : il y a trois bus, on demande plusieurs fois lequel on doit prendre pour la correspondance pour Djibouti, évidemment ils se sont emmêlés les pinceaux : on a pris un bus qui emmenait au même avion, mais qui prenait les passagers en direction de Moroni (l’avion ne faisait qu’escale à Djibouti). Nos contremarques sont dans l’autre bus. Au pied de l’avion on doit donc descendre de notre bus, attendre que tout le monde descende de l’autre bus, monter dedans pour en redescendre aussitôt et gagner ainsi le droit de réclamer nos billets… Je ne cherche plus la logique derrière tout ça.

Le vol Sanna-Djibouti est plus folklorique : un vieux coucou aux places étroites, des portes de toilettes qui ne ferment pas, un pilote qu’on soupçonne de s’être trompé de piste à l’atterrissage, au grand amusement des hôtesses de l’air.

On descend de l’avion dans une chaleur (29°C) qui aurait été beaucoup plus supportable sans un degré hydrométrique de… 80% !!! Du coup à sentir nos vêtements se coller à notre peau subitement, on comprend mieux les gens qu’on avait vu se badigeonner de déodorant en stick dans l’avion.

L’attente des visas semble interminable ; l’organisation est déplorable, et la fatigue d’une journée de voyage (il est déjà 22h) ne nous aide pas à relativiser.

Enfin on sort de l’aéroport, valises sur l’épaule, et on rejoint dans l’ordre : la famille, la jeep, l’appart’, la douche et le lit.

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