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On est enfin sorti de Djibouti ville ! On est parti pour trois jours de route, à la découverte du pays. Première escale : le lac Assal.

Il faut savoir que la faille qui sépare lentement l’Afrique de l’Asie passe par la mer rouge, et impacte donc fortement le paysage djiboutien. On a donc de grandes crevasses et des volcans éteints dans le pays, mais aussi un bras de mer qui a été séparé de la mer rouge : le lac Assal. Asséché petit à petit, il est devenu une ressource naturelle de sel pour tout le pays puisque l’eau s’évapore et le sel reste.

la fameuse faille

Déjà à son approche on a le temps de le voir se dévoiler petit à petit : le paysage crevassé et chaotique offre de nombreux points de vue sur le lac. Points de vue d’ailleurs occupés par des marchands de cristaux et de pierres ponces taillées à l’inventaire varié : dromadaire, cendrier, voiture, téléphone portable, tout y passe.

De loin, quand on regarde le lac, on croit voir une plage de sable blanc, et l’eau est d’un bleu turquoise digne d’un lagon polynésien.

Une fois arrivé sur place, l’impression est très différente : on se croirait sur la banquise : le sel s’étend à plat sur une très large surface, blanc, aveuglant, crissant sous le pied… Quelques détails nous ramènent cependant à la réalité : sur la banquise on n’est pas entouré de montagnes, on n’est pas à 140 mètres sous le niveau de la mer (photo à l’appui :p), il n’y a pas de marchands de souvenirs, et surtout … il ne fait pas 42°c… La réverbération ça fait mal !

Près de l’eau le sel prend des drôles de forme en choux-fleur, comme le calcaire dans les gouffres. On peut aussi trouver des petites billes de sel (qui prennent leur forme sous l’action de bactéries, beurk) que les locaux ramassent et revendent, ainsi que des objets divers qu’ils laissent tremper dans le lac pour qu’ils se recouvrent de sel ; mention spéciale aux cornes de gazelle en sel.

Le manque d’eau douce est assez cruel dans le pays, au point qu’on a réussi à obtenir le troc d’une demi douzaine de bouteille d’eau contre un sachet de billes de sel et quelques cristaux, la classe…

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Après l’article sur le refuge Décan, cela m’a fait penser que depuis qu’on est là, on a pu apercevoir des tas de bestioles plus ou moins colorées. On en a déjà parlé, mais cette fois ci j’ai des photos, alors bam, recyclage mine-de-rien-ni-vu-ni-connu-rien-dans-les-mains-rien-dans-les-poches-hop-magie.

Les plus répandues sont les chèvres, il y en a partout.

Il y a aussi les moutons locaux qui les accompagnent, la race qu’on voit surtout en Afrique et qui sont plutôt moches vu de près.

Suivent de très près les corbeaux (une vraie plaie à Djibouti).

On a vu aussi pas mal de chiens errants mais ils commencent des campagnes d’abattage car il sont trop nombreux et deviennent dangereux.

On a aussi croisé des dromadaires et des ânes domestiques. On peut encore voir, du moins il paraît, quelques ânes sauvages vers le lac Abbé mais on ne va pas avoir le temps de s’y rendre.

Par contre, ce qui ravit Antoine c’est qu’on voit des piafs à profusion, malgré la présence très importante des corbeaux qui remplissent un peu toutes les niches écologiques. On a notamment pu voir des guêpiers et des tisserands.

Sans les prendre en photos on a aussi vus des ibis, des hérons, des moineaux africains, des tas de pigeons différents, la liste est longue donc on ne va pas vous tenir la patte avec ça. Sans compter qu’on manque pas d’oiseaux de mer mais qu’on est nul pour les reconnaître.

Ce qui nous reste à voir maintenant c’est le monde sous marin. On a sorti pas mal de choses lors de la nuit de pêche, mais quitte à être au bord de la mer rouge on a prévu deux séances de plongée (une avec bouteille et une en masque-tuba). Je ne vous cacherai pas que moi, j’attends ces moments avec impatience, même si j’ai souvent peur des –gros- poissons.

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Cher journal.

Aujourd’hui je voulais aller au zoo pour voir des animaux. Mais mon papa m’a dit qu’il n’y avait pas de zoo à Djibouti. Du coup il nous a emmené au refuge Décan.

Le refuge décan c’est pas un zoo mais presque pareil. On y voit des animaux qui ont été amenés ici pour guérir de vilains bobos.

Pour y aller on est passé par des routes de terre toute cabossées… Le paysage était plein de poussière et de saleté. On a vu des sacs plastiques et des voitures mortes presque partout.

Au refuge y avait plein d’animaux trop mignons. Ça valait vraiment la peine de manger plein de poussière sur la route.

On a vu des gazelles.

Un caracal (c’est bizarre hein comme nom) il s’appelle Jack.

Des oiseaux bizarres qui courent vite.

Mais surtout… on a vu des guépards !!!

Même qu’y en avait un il s’est approché tout près de nous et il s’est mis à ronronner. Antoine y dit que c’est pour que je m’approche et qu’il fait le gentil pour mieux me manger. Mais moi j’dis qu’en fait c’est un gros chat tout gentil qui veut juste jouer, un peu comme celui de Pierre et Joe…

Y avais aussi : un hibou, des tas d’oiseaux différents, des grosses tortues dans leur maison, des insectes bizarres…

Moi j’ai beaucoup aimé le refuge. Même que j’ai donné des sous en partant parce qu’ils ont pas beaucoup de sous et que il y a que les gens qui viennent et qui achètent des ticheurtes qui leur donnent des sous mais leur ticheurtes ils sont pas très beaux alors j’ai juste donné des sous comme les américains avant nous. Mais par contre ils ont un site internet : http://decan.djibouti.googlepages.com/ .

Il faut leur donner des sous et on est dans le club tout ça. Parce que les gens ils font ça gratuitement (c’est bête, moi je demanderais des sous à leur place, mais bon…) et ils font plein de bon travail pour les animaux ! (Ça c’est cool par contre.) Et en plus c’est drôlement beau comme endroit, même qu’on est resté jusqu’à la nuit et qu’on a du se depecher pour rentrer.

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Bon, quand j’étais petit, on travaillait notre adresse en tentant de faire un maximum de ricochets à la surface de l’eau avec des cailloux, le truc classique que vous connaissez tous.

A Djibouti ça marche pas super comme concept on dirait, je crois qu’ici ils travaillent plutôt la force, enfin jugez vous même de ce qu’ils balancent à la flotte :

Autre solution, c’est une variante locale de pile ou face, mais j’avais pas remarqué qu’ils aient les pouces spécialement surdéveloppés…

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Bon, ce titre, en plus d’être une private joke douteuse, est complètement incorrect du point de vue de la syntaxe… Mais avouez qu’il attise votre curiosité.

Je vais vous expliquer : lors de mes cours en archéologie, j’ai pas mal entendu parler des boutres, des bateaux typiques de Djibouti et du Yémen qu’on soupçonne d’exister depuis très très longtemps et d’être à l’origine de la Bab El Oued connexion (cherchez pas, c’est une obscure théorie archéo). Je ne vais pas m’étendre dessus, mais voilà, ça faisait partie des trucs que je voulais voir à Djibouti pendant que j’y étais (curiosité scientifique oblige), d’autant que le typique moi j’aime ça.

On a donc profité d’une sortie organisée par l’armée. Pour commencer vers 16 heures on est monté à bord du boutre. But de l’opération : pêcher toute la nuit et revenir au petit matin.

Au début on y allait surtout pour l’ambiance, la ballade en mer etc. La pêche et nous, c’n’est pas qu’on n’aime pas hein, mais voila, ça ne nous viendrait pas à l’idée d’aller pêcher. Finalement, arrivé à l’heure de distribution des lignes, bah on a essayé. Et en une nuit de pêche on a grave assurer sa maman la sirène ! Moins d e dix poisson à deux hein, mais alors pas du spécimen de misère. 1 mérou, 1 poisson pierre, 1 dorade, 3 barracuda, etc. Ce n’est pas du petit pécheur amateur ça.

Mais bon, le revenu de notre pêche c’est une chose (l’écailler et le vider en fut une autre). Mais ce qui nous reste là maintenant (à partir un fichu mal de terre depuis près de 10 heures maintenant) c’est tout ce qu’il y a eu autour : la douce caresse du vent salé sur nos visages, une aube vécue enlacés sur la proue du bateau, dans le silence du petit matin, un romantisme à faire oublier Titanic…

Bon, ok, j’en rajoute. Mais reste que c’était super sympa.

Déjà la veille, avant que la nuit ne tombe, je m’en suis mis plein l’objectif. Vous n’imaginez pas ses couleurs, ses lumières !!! Les couleurs du bateau, les bleus de la mer, du ciel, le visage buriné des marins, les tons de leurs habits, le ciel qui se teinte… raaaah que du bonheur dans l’appareil.

Ensuite il faut dire ce que c’est : un bateau, surtout vieux et coloré, c’est super romantique quand vous êtes dans les bras du chéri à regarder ensemble vers l’horizon. Et le lendemain, quand vous puer le poisson, que vous avez la peau pleine d’écume et d’écaille et qu’il vous répond « oui » à la question « tu m’aime ? Même si je pue le poisson et que j’ai du sang et de l’humeur partout » alors vous savez que la vie est belle.

La pêche en elle-même on a bien aimé parce qu’on a attrapé des trucs, qu’il avait une bonne ambiance etc. Mais vers 4h30 du mat’ y en avais un peu marre. On trouvait même plus drôle de faire « ba-ra-cu-da » quand on en pêche un. Du coup on s’est fiché sur la prou du bateau pour regarder les étoiles et se lever tout doucement l’aube. Le cuistot commençait à pétrir la pâte des galettes pour le petit déjà à coté de nous.

C’était très étrange parce que pendant tout la nuit on avait l’impression de vivre des instant qu’on garderais toujours en mémoire. Je sais pas comment dire ça, vous êtes en vacances, vous regardez autour de vous et tout vous cris que vous êtes au milieu d’un instant exotique, sincère, calme et qui vous restera comme un souvenir impérissable. Alors imaginez juste après le lever de l’aube, les pied de chaque coté de la prou, enlacé par le chéri, à observer les infime variation de couleur du ciel, la disparition progressive des étoiles etc…

Y en a qui vont faire des lunes de miel en Egypte ou des voyage à Venise. Et bah nous on se dit qu’avait 8000 Franc Djiboutien on vient de se trouver un pur souvenir romantique qui ferait pâlir d’envie Barbara Cartland.

Oké, après les galette frite à l’huile et recouverte de nuttella (bonjour la légèreté du petit dej’), j’avoues que pendant le retour au port avec la bouche pleine d’huile, le cheveux et la peau collant, la fatigue de la nuit blanche, la vessie qui hurle (parce que les toilettes sur un bateau de ce genre ça vaut le coup d’œil mais pas la visite) la seule envie qui reste : c’est ka douche et le lit. Evidement vous oublier à ce moment qu’il faudra vider et écailler les poissons et que vous retrouverez des écailles sur votre peau pendant 36 à 48 heures. Je parle même pas du mal de terre que je me suis taper pendant les 10 heures suivante (même maintenant j’ai un léger roulis devant le pc).

Mais bon, c’est avec ces histoires, ces petits désagréments et ces photos sublimes que vous vous créer des purs souvenirs à ramener de vacances.

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Quand on se balade dans les rues, un des premiers trucs qu’on remarque, ce sont les taxis (et les voitures de police, mais ça on évite de les regarder trop fixement). Ici les taxis ont des dégaines de voitures de police allemandes tunées : ils sont vert et blancs pour l’essentiel, mais les propriétaires s’autorisent des fantaisies pour le bas du véhicule. On croise un peu de tout là dedans : un certain nombre a le volant à droite – des voitures importées de Dubaï – d’autres ont le pare brise fêlé, voire carrément absent, c’est à se demander où ils collent la vignette d’ailleurs.

Les taxis doivent représenter un bon quart de la circulation automobile de Djibouti-ville, mais on croise aussi un certain nombre de « bus » : ce sont des camionnettes qui suivent plutôt fidèlement leur itinéraire, qui accueillent des passagers sur ce trajet, et qui participent joyeusement de l’ambiance colorée des rues : ils sont généralement recouverts d’inscriptions en lettres rose bonbon et jaune, les rétroviseurs sont emmitouflés dans des caches en forme de fleur (cousus par une grand-mère oisive ? Je le croyais au début, avant de remarquer combien cet accessoire était répandu).

Avec la profusion de véhicules dans la capitale, la présence du port (centre économique du pays), du palais présidentiel, et de plusieurs ambassades, les routes sont en assez bon état… Ce qui n’empêche pas parfois de trouver des ornières de 50cm de profondeur pour 70cm de diamètre. Du coup tous les européens roulent en 4×4.

Les trottoirs de la ville sont larges, et offrent trop d’opportunités de se garer, s’asseoir ou installer un stand de vente pour que les djiboutiens gâchent cet espace en circulant dessus ; les piétons préfèrent circuler sur la route, traverser sans crier gare, et ne pensent pas à signaler leur présence la nuit par le port de vêtements clairs… Ici en tous cas on peut dire sans crainte que la route est à tout le monde.

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Il y a un truc sur lequel on a pas besoin de se consulter avec Laetitia, c’est cet accord tacite d’essayer à nous deux de goûter un maximum les cuisines locales quand on voyage (avec quelques petites exceptions : on réfléchit quand même un peu avant de manger des insectes par exemple). Déjà, l’autre jour, on a mangé du dromadaire. Donc quand on a vu que le resto éthiopien Le Tana proposait des « cours » de cuisine, on a sauté sur l’occasion.

Rendez vous le matin devant le restaurant. Neuf participants, une organisatrice, et trois cuisinières : on sait déjà qu’on va être serrés dans la cuisine. Je suis le seul mec de l’assemblée. Je fais mine de rien, de toutes façons, dans une cuisine, je suis à l’aise.

On se sent un peu seul pendant la découpe des oignons, on entend les autres discuter dehors : « ah oui, couper les oignons c’est la seule chose que je laisse ma bonne faire ». Bon… il y en a qui ont l’esprit colonial, surtout les plus âgées. Ceci dit l’ambiance est bonne, et on discute gentiment quand on sort respirer dehors pour fuir la chaleur et les mouches de la cuisine.

Leur oignon est très parfumé, les cuisinières appellent ça « échalote éthiopienne », c’est la base de leur cuisine : oignon revenu doucement, huile, tomate en petit dés, ail, et souvent un peu de concentré de tomate. Beaucoup de plats contiennent du piment aussi, à l’odeur il est plus parfumé que fort.

C’est une cuisine grasse, mais assez appétissante. On doit goûter ça ce midi, on vous dira ce que ça vaut. Normalement on mange les plats dans des grandes galettes : des injeras. Mais là on va devoir faire du riz pour compenser parce qu’il n’y en a pas assez.

Allez, comme ça m’a plu tout ça, demain rebelote avec un restaurant yéménite. Et si vous êtes sages vous aurez peut être les recettes du Thiree Kifto et du Doro Wat en photo pour plus tard.

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