La place rituelle de la cuisine
Le fait est que les aliments trouvent leur place dans la célébration des sabbats, que ce soit lors de la libation, du banquet et parfois même lors des rites magiques.
Je n’aborderais ici que les deux premiers aspects qui ont l’avantage de rester des faits généraux et pas des cas particuliers à chaque sabbats. Si l’on se réfère au dictionnaire une libation est une offrande rituelle. Les rituels donnent souvent lieu à une clôture par libation puis, après clôture du cercle, au partage de mets par les participants dans une ébauche de banquet. Car le banquet (toujours selon le dictionnaire) n’est qu’un grand repas où de nombreuses personnes célèbre un évènement.
Lors de la libation rituelle il est généralement admis qu’on ne procède qu’à une offrande de liquide neuf (souvent du vin) pour rendre hommage ou remercier dans un geste gratuit.
Contrairement à l’offrande, la libation n’est jamais donnée en échange de quelque chose, celle ci étant une sorte de témoignage de foi tandis que l’offrande reste un troc. Mais une libation peut aussi se faire avec un vin de communion. La coupe étant passée aux lèvres de toute l’assistance avant d’être versée intégralement à la terre en gage de communion entre l’assistance et les puissances.
Cette forme est quelque part la jonction entre la libation et le repas rituel. C’est à dire le banquet offert à l’assemblée après un rituel. Même si, à la différence de la libation de communion, les plats n’ont pas été bénis et consacré aux déités.
Lors de ce repas la cuisine tiens la part centrale car c’est autour d’elle que se déroule l’échange alors qu’elle n’était qu’un véhicule de bénédiction lors des libations.Le banquet permet de marquer le fait de mettre en commun les aliments et par là même d’affirmer l’union des membres. On ne reviendra pas sur les multiples pratiques culturelles qui tournent autour du partage de repas, que ce soit en gage de respect, de marque de pouvoir, d’affirmation de puissance ou de témoignage d’un devoir d’hospitalité accompli. Ce qu’il faut savoir c’est que la plupart du temps, ceux qui partagent un repas s’assignent le devoir (parfois temporaire ou pas) de se considérer comme unis réciproquement et par là même se soumettent à des règles de non agression, secours mutuel et respect tacite…Le repas commun post rituel tient ces mêmes engagements. De plus il sert de scène aux discours et pratiques qui n’ont pas leur place dans le cercle rituel.
Ainsi cela donnera lieu à de multiples discussions profanes allant de la politique commune aux derniers ragots amicaux. Personnellement, si je reconnais et pratique ces trois temps de présence des aliments au cours des sabbats je me permets d’ouvrir une autres voix, celle du banquet sacré. A savoir, lorsqu’on ne peut ou ne veut peut pratiquer une cérémonie (pour des questions aussi divers que la maladie, le mal être etcetera) avoir la possibilité de donner un banquet détaché de tout contexte rituel.


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