Histoire de la sorcellerie en Europe

8 mai 2004

Voici un peu d’histoire sur la sorcellerie en Europe.

Durant le Haut Moyen Age (Vème au VIIème siècle)

C’est le règne des barbares (gaulois, Wisigoth). La sorcellerie est alors considérée comme une croyance païenne qui subsiste face à la nouvelle église romaine. Les sorciers sont punis financièrement et il semble que les sorts et les rituels soient fréquents. C’est ici une hérésie en voie de disparition malgré son implantation totale dans la société. D’ailleurs, elle n’est punie uniquement lorsqu’un mal est commis envers autrui !

Pour moi, tout sorcier ou sorciére contemporains se doit de connaitre ces rudiments. C’est le minimum qu’on puisse faire pour honorer la memoire de ceux qui ont payé la phobie de la sorcellerie (ou de toute différence en général).
Qui plus est, comprendre l’Histoire permet de mieux comprendre l’image donnée à la sorcellerie dans notre culture actuelle
Ces informations sont tirées de l’exellent ouvrage “la sorcellerie” dans la collection “que sais-je”. Je le recommande à toute personne désireuse d’obtenir un point de vue synthétique et objectif.

Durant le Carolingien ( IX ème au XIème siècle)

La sorcellerie connaît une discrimination, on tente de la faire oublier en méprisant les sorciers qui passent alors pour des idiots et, en interdisant les sciences et les métiers occultes. On ne punit que les « méchants » et les peines financières disparaissent au profit de renonciations puis d’emprisonnement. La haine des sorciers commence à apparaître et la différence faite entre magie et sorcellerie n’arrange rien, puisque la deuxième est considéré comme un crime !

La période des ombres (XIII ème au XIV ème ) :

Scène dinquisition - Francisco de Goya

Scène d'inquisition - F. de Goya

L’inquisition apparaît et la sorcellerie s’institutionnalise ! L’église commence à voir d’un mauvais oil la sorcellerie car les hérésies se développent. Et, il semble que le mythe de la sorcière érotique vienne contrarier les religieux, qui doivent désormais faire voux d’abstinence !

On pratique alors les peines corporelles pour celui qui commet un acte de sorcellerie. On crée deux échelles pour cette peine. Celle de la sorcellerie sympathique (païenne) et la criminelle (satanique).

Mais la sorcellerie s’affirme, car malgré la répression, les châtiments sont très très rares.

La période noire (XIV au XV)

Marguerite au sabbat ©Dagnan-Bouveret Pascal-Adolphe-Jean

La sorcellerie allume son bûché et devient le bouc émissaire. C’est une grande attraction et face aux misères contemporaines les procès se multiplient, on les utilise pour combler les rancours !

Le peuple voit son voisin qu’il jalouse mit à mort, le noble voit celui qu’il vient de dénoncer punit et les religieux de carrière peuvent donner libre court aux pulsions violentes qu’ils doivent normalement  refouler grâce à de “charitables” missions chrétienne.

Il est inutile de livrer plus de détails à ce sujet.

Le retour au calme (à partir du XVIII)

Il faut attendre le XVIIIème et de très longues discussions ecclésiastiques pour que les poursuites cessent. Notez que ce fut en particulier parce que le nombre de moine pris en flagrant délit de sorcellerie augmentait beaucoup et cela accentuait la psychose et permis une relative miséricorde de l’église.Pourtant c’est à l’arrivée du progrès social et la baisse de la croyance dans la spiritualité que les persécutions devinrent obsolètes. Par la force des choses !

De nos jours :

De nos jours l’Église considère les sorciers comme des illuminés et un livre « étude Carmélitaine : Satan » précise son idée sur la magie noire. Quant à la magie dite blanche c’est pour eux à ranger au placard ! Toutefois, il faut noter que l’Eglise compte aujourd’hui nombre de prêtres magnétiseurs, miraculés et aussi exorcistes. Alors à magie, magie et demie !