Cuisine sacrée
Ce qui est important à mes yeux quand vous préparez les plats du sabbat ce n’est pas la difficulté de la recette ou le nombres de plats différents, c’est le fait de faire soit même les plats : pétrir son pain, émincer ses légumes, surveiller son four…
C’est le fait de le faire avec Amour et surtout d’utiliser le temps de la préparation à réfléchir ou à méditer sur le sabbat et ses implications. Le temps de cette cuisine sabbatique est en quelque sorte sacré. C’est ce qui fait que le plat est si riche lorsqu’on le partage. Pour moi c’est aussi ce qui offre en quelque sorte la possibilité de remplacer un rituel par un banquet « sacralisé ».
C’est parce que les mets et le banquet sont donnés en l’honneur d’un sabbat, qu’ils ont été préparés dans ce but et avec le Travail que demande un temps magique que je considère ces préparatifs comme une cuisine sacrée au sens propre. A l’image des banquets grecs, et des libations, le repas placé dans le contexte magique est un instant sacré même s’il ressemble souvent à une ripaille entre gens de bon moeurs !
Car il faut dire ce qu’il en ait, bien que l’agape débute toujours avec des petits discours et des rappels sur le symbolisme du banquet et du sabbats en lui-même, il se transforme toujours en repas entre amis où le discours profane tiens une place majoritaire. Certains m’en ont fait les remarques, mais après tout cette « joie de vivre », « cette énergie » et tout simplement toute cette « vie » n’est elle pas consacrée au sabbat ou à la divinité à qui on a dédié le banquet ?
Pensez vous vraiment qu’un banquet sacré chez les grecs était consacré à la prière ou la discussion spirituelle ? Personnellement je ne le pense pas, et mon culte étant avant tout un culte vivant, je célèbre la vie sous toutes ces formes. Mort et vie n’y ayant pas le statut d’un drame le repas sert donc de libation physique et spirituelle.
La cuisine magique.
A l’inverse, la cuisine magique n’est pas sacrée pour autant. Tout comme la cuisine peut devenir sacrée par son inscription dans un temps sacré, elle peut devenir magique par une simple préparation “magique”. J’ai eu de longues discutions avec une amie à ce sujet car, si lorsque vous préparez à manger vous cuisinez, lorsque vous “cuisinez avec Amour” vous ajoutez à votre farine, vos oeufs (et cætera) un ingrédient qui est n’est autre que l’Intention. Vous investissez une partie de vous, à la manière d’un sort. Non ?
Ce ne changera pas le goût mais cela enrichira le plat. Essayez deux restaurants avec un même plat. Là où le chef cuisine par plaisir le plat sera toujours meilleur ou plus riche que celui où le cuisinier se contente de faire son travail, même de bonne grâce.
De même, chaque utilisation d’un ingrédient donne un « pouvoir » à votre plat. Comme votre légume possède des vertus diététiques ou médicinales il possède aussi des vertus « spirituelles ».
Chacun admets qu’il existe des plantes « magiques » ; mais pourquoi refuser de dire que toute les plantes ont droit à ce statut ? Ouvrez cinq livres sur les plantes « magiques » et essayez de les synthétiser. D’abord vous aurez rarement trois fois les mêmes propriétés sur une plante mais vous trouverez toujours une gamme différente des plantes « magiques ». Chaque région, chaque culture ou chaque civilisation à son « panthéon » d’aliments magiques….Et à ce titre la sauce au basilic de ce midi aurait pu être un puissant aphrodisiaque si telle avait été votre Intention au court de la préparation …
Si techniquement ces deux concepts peuvent sembler n’être qu’une redondance de leur aspect respectif, il est nécessaire de les distinguer pour une meilleure compréhension. Car, si la cuisine magique consiste à faire d’un plat un charme (soit un support de sortilège), la cuisine sacrée, elle, permet de transformer un temps de préparation technique (soit un temps profane) en extension du temps sacré et d’inclure par là même cette préparation dans la célébration du sabbat.
Par exemple je considère que je débute ma célébration sabbatique dès le moment ou je pétri le premier de la longue série de pain qui seront consommés lors du banquet, soit environ quatre jours avant la date précise…