Archives pour février 2010

D’abord figurez vous bien que les coréens vivent comme nous. Il se lèvent pour aller travailler, déjeunent, vont bosser, mangent le midi, sortent du boulot le soir, mangent et vont se coucher. Surprenant non ?

En fait la vie des coréens urbains ressemble à s’y méprendre à celle des français urbains, bien que leur temps de transport soit deux fois plus long et qu’ils se détendent le soir dans quartiers noctambules en s’adonnant au shopping mais surtout… à la tournée des bars (ne provoquez jamais un coréen à un jeu d’ivrogne).

La journée s’organise autour du boulot et les repas servent de pause. D’ailleurs si le coréen n’hésite pas à manger traditionnellement à genoux sur le sol, les citadins réservent cette occasion à quelques repas d’affaires ou familiaux. Les restaurants sont depuis longtemps équipés de chaises et de tables qui sont considérées comme plus confortables. En province vous trouverez plus facilement des restaurants proposant à la fois l’accueil avec tables/chaises et le repas au sol traditionnel.

Par contre il n’y a que très rarement des cartes en anglais pour choisir les menus. Si vous souhaitez manger au restaurant (surtout en province) préférez faire confiance au serveur qui vous indiquera certaines lignes sur la carte : il s’agit souvent de la spécialité du restaurant. Assurez vous que le repas est dans votre budget et laissez vous guider par ces conseils, on a eu de très belles surprises comme ça.

Si vous êtes plus frileux, demandez des images (il arrive qu’on vous sorte un plat des cuisines) ou regardez les assiettes de voisins pour indiquer ce que vous voulez.

Au pire, n’hésitez pas a apprendre le nom de certains plats par cœur, il y en a forcément un que vous aimez et qu’ils proposeront (si dans un même restaurant vous ne trouvez ni bimbimbap, ni bulgogi, ni ramyun, c’est que vous cumulez la malchance). Apprendre la phrase « est ce que ça pique ? » n’est pas non plus une mauvaise idée…

A défaut vous n’êtes pas obligés de trouver un restaurant pour manger. Les villes de Corée regorgent de vendeurs ambulants qui vous proposent un assortiment de petites spécialités à pas cher. Souvent vous ne saurez pas ce qu’il y a dedans avant d’y avoir goûté, mais la surprise n’est que très rarement mauvaise.

Personnellement on a tout goûté, sauf les insectes macérés et chauffés au sucre (mais il n’y a aucun risque de commander ce plat par erreur).

A notre palmarès des spécialités de rue il y a évidement les brochettes piquantes, soit de poulet, soit de saucisses qui sont recouvertes de sauce piquante au pinceau. En général le vendeur a la main légère quand un occidental lui en commande. Mais ne vous privez pas pour 1500 wons l’une, sachant qu’il suffira d’en prendre deux pour avoir déjà bien mangé.

Après il y a les galettes de patate douce qui sont à goûter sans faute. Préparées sur une grande plaque pleine d’huile, les galettes sont mises à frire et grillées en appuyant dessus. On les trouve généralement à moins de 1000 wons et j’ai eu du mal à ne pas en acheter à chaque roulotte. C’est chaud, moelleux et croustillant en même temps, mais surtout, au cœur de la galette il y a du miel de tamarin (attention, souvent très chaud) qui est divin et qui imbibera la galette dès lors qu’on aura atteint la poche de miel. (Rien qu’à y penser ce plat me manque encore !).

Vous trouverez aussi des petites cuisines mobiles qui vous proposeront différents plats à manger debout comme les omelettes aux oignons ou fruits de mer, les kimpap (sorte de maki à la coréenne contenant un assortiment de condiments) et des brochettes à plonger dans l’huile pour frire la viande ou les tripes de porc qu’elles portent.

Dernière solution enfin, il existe dans les quartiers marchands des « paillotes » au milieu des rues où vous pouvez vous asseoir et commander un plat parmi la dizaine qui est proposée. Il y a toujours les fameuses omelettes, des salades de pates de riz (japchae), et différents plats de viande ou de poisson sauté. A chaque fois on vous proposera de la bière ou du soju et si vous regardez autour de vous, les coréens consomment ainsi : 1 ou deux plats qu’ils partagent et une bouteille d’alcool. Par contre prudence : plus le quartier marchand est populaire et plus il faudra faire attention. Demandez toujours avant combien va vous coûter le repas. Même si les gens ne parlent pas anglais ils vous écriront les sommes. On a oublié une fois, et ce fut une mauvaise surprise… Avec la barrière de la langue il est très difficile de faire entendre raison à une cuisinière qui vient de vous faire payer 3 fois le prix.

Selon la région où vous vous trouverez, les spécialités seront très différentes, n’hésitez pas a vous munir d’un guide pour ce genre d’info et à faire tous les restaurant d’une rue à la recherche de « la » spécialité dont a parlé le guide. C’est très drôle, tout le monde veut vous aider à trouver et on a ainsi assisté à des élans de solidarité entre restaurateurs qui nous prenaient pour ainsi dire par la main pour nous amener au seul petit restaurant du coin qui fait encore ce plat. Car oui, il faut bien le dire, en Corée comme en France la mode fait beaucoup de mal au traditionnel et dans les grandes villes les enseignes de restaurants envahissent les rues au détriment des petits restaurants familiaux.

Ce n’est pas toujours triste (on ainsi découvert avec joie les cafés à thème venus du Japon et plébiscités par les étudiants) mais c’est une part de leur culture qui s’efface avant de, peut être, disparaître.

Une dernière chose enfin… en dehors des hôtels internationaux et des multiples chaînes occidentales spécialisées dans le café et le petit déjeuner, ne vous attendez pas à trouver des petit déjeuners occidentaux. En Corée, on attaque la journée avec un repas qui semble être le même qu’à midi ou que le soir. Pas de pitié pour les odorats qui supportent mal l’odeur du poisson frit à 7 heure du matin ;-)

Personnellement nous avons adapté une stratégie médiane. En fréquentant les petites superettes qui parsèment les rue des villes (même petites) on achetait des onigiris prêts à emporter (moins de 1000 wons) ce qui nous calait jusqu’à midi. Mais surtout, on s’offrait le luxe d’une de ces brioches chaudes à la pâte de riz fourrées de haricot rouge qui se vendent ainsi dans toutes les superettes et qui coûtent la modique somme de 800 wons.

Pour conclure sur l’alimentation, je n’aurai qu’une chose à dire : « n’ayez pas peur ». La nourriture est sûrement le trait le plus sympathique de ce pays car vous trouverez toujours quelque chose qui correspond à vos goûts et à votre budget. Et même avec des enfants ou des adultes parfaitement casse pieds, vous trouverez toujours soit un fast food, soit une superette qui vous permettra de leur trouver des aliments plus « occidentaux ».

Voici un petit panorama de ce que l’on peut trouver à manger sur place.

A noyer :  en cliquant sur les photos vous profiterez d’un zoom et d’explications

Ps 1 : n’oubliez pas de goûter les gâteaux qui sont préparés dans la rue dans des moules qui se ferment et se retournent. Ces petites spécialités ont souvent la forme de noix ou de poissons et sont des sucreries très appréciées des coréens. Fourrés à la pâte de haricot rouge ou aromatisés au marron, ils sont très agréables à grignoter en marchant.

D’ailleurs, pour les amateurs de marrons grillés, vous trouverez aussi beaucoup de vendeurs à la sauvette selon la saison.

Ps 2 : pour les flippés de l’assiette il y a une derniere solution qu’on peut vous conseiller : l’achat d’un livre de recettes sur la cuisine coréenne. Cela vous permettra de mieux comprendre les différents ingrédients types et la conception des plats traditonnels. Personnellement nous recommandons « the beauty of korean food » qui est mis au point par « the institute of traditonal korean food« , une structure un peu trop chauvine mais qui a l’avantage de bien synthétiser les choses pour les occidentaux (attention c’est toujours en anglais). Par contre en l’achetant en Corée vous le payerez 20 000 ons (soit 13-15 euros)… la moitié du prix qui en est demandé sur amazon.

Comments 4 commentaires »

Ça commence à faire un bail qu'on a pas parlé cuisine par ici… Et pourtant ça cuisine toujours autant à la maison. Mais j'ai la flemme d'écrire les recettes, je suis trop occupée à déguster ce que j'ai préparé voyez vous ;-)

Par contre aujourd'hui on va parler de cuisine "presque toute faite" via les préparations culinaires à faire à la maison pour dire "c'est moi qui l'ai fait'" alors qu'en vrai on cuisine comme une brêle.

C'est Alsa qui m'a proposé de faire des macarons. Je les soupçonne d'avoir délibérément choisi de se moquer de moi, car si j'ai déjà essayé de faire des macarons ce fut plutôt "exotique" (voyez vous même).

Bref, ils m'ont envoyé un paquet de préparation pour macarons au chocolat.

Comme je suis une spécialiste es macarons, j'ai snobé la ganache et me suis concentré sur les macarons en eux-mêmes, seul vrai témoin de la qualité d'une recette de macaron (à mon sens, on est bien d'accord).

Je suis les instructions de préparation : on monte deux blancs d'œufs en mousse. On ajoute la préparation (notez dans vos cahiers : "tamiser la préparation permet de mieux l'incorporer"). Même si on ne tamise pas  cela s'incorpore sans faire de grumeau et le résultat est assez homogène malgré les "grains" de poudre d'amande.

On fait de jolis petits tas sur une plaque recouverte de papier cuisson et on peut même s'amuser à faire des formes.

"Au four pendant 20 minutes à la température la plus basse" qu’ils disent sur le paquet. Ils sont bien gentils, mais moi mon four il m'annonce les degrés, pas les thermostats. Du coup j'ai mis au plus bas (40°) en espérant que ce ne soit pas trop bas. Je n'aime pas quand les consignes ne proposent pas la température en degré et son équivalant thermostat, je ne peux pas m'empêcher de croire que je fais une bêtise. Or, ici, ces 20 minutes de "pré-cuisson" servent à faire "croûter" le macaron, étape au combien importante de la préparation d'un macaron.

Une fois les 20 minutes écoulées, on passe le four à 150° pour 15 minutes. Et les yeux se régalent déjà puisqu'on voit les biscuits monter tout doucement. Par contre, une fois encore, il va s'agir de ne pas tenir compte des informations. Au bout de 15 minutes si les macarons n'ont pas l'air gonflé, rien ne servira d'arrêter la cuisson (on risque d'avoir un biscuit trop mou). Le mieux est encore de couper le four mais de laisser les macarons dedans.

Ça ce sont des macarons qui ont bien cuit (et gonflé)

Ça c'est un macaron qui a bien cuit mais pas assez puisqu'il a dégonflé quand on l'a sorti du four (par contre il a joliment "croûté)

Et ma foi, le résultat est plutôt bien. Même sans la ganache intérieure. Du coup pour ceux qui veulent faire plaisant trop se compliquer la vie, je crois que vous avez une bonne astuce pour offrir des douceurs à qui l'on souhaitent en mettre plein la vue:

A noter toutefois:

Ce genre d'innovation ça se veut  toujours pratique mais le résultat dépend aussi de la quantité des blancs d'œuf et  de la chaleur du four. Donc pour 4,20 €  le résultat n'est pas garanti si t'as un four de m****e ou que t'as pas les bons œufs (depuis le temps que je vous dit que les œufs bio de  poules élevées en plein air c'est les mieux)

 

PS: Pour ceux et celles que ça interesse vous pouvez gagner des préparation chez "Mes petits Bonheurs" et Audrey , l'occasion de vous faire votre propre avis ;-)

Article sponsorisé

Comments 2 commentaires »

Chez moi, j’ai la chance d’avoir plusieurs jours de marché. A vrai dire je peux même faire le marché 5 jours sur 7 mais le mercredi est le jour dédié aux « Vieux Papiers » ; un marché où ne s’échangent que des livres anciens, de la bédé, des cartes postales et quelques autre objets défraichis.

En général j’y croise surtout du retraité et du bouquiniste en goguette. C’est drôle car ce marché me donne l’impression d’être dans une bulle immobile (et poussiéreuse ?) au milieu de l’agitation constante de la vie parisienne. Du coup j’y passe souvent, sans réelle motivation d’achat mais plutôt pour le plaisir d’y fouiner et de m’occuper.

Parmi les vieux bouquins, mes thèmes préférés sont les manuels de cuisine et les « guides » en tout genre. Le Vademecum de la ménagère étant sans aucun doute l’un de mes titres préférés. L’autre semaine, en fouillant ainsi  dans les guides et usages, je suis tombée sur un titre complètement anachronique et… rudement intéressant : « le guide du nouveau savoir vivre« .

Appâtée je fus, et après avoir feuilleté quelques page j’ai payé 2€ pour ramener ce vieux bouquin à la maison. Et depuis, c’est l’extase ! Derrière ce titre un peu pompeux se cache un manuel de politesse écrit au tout début des années 70 avec pour vocation de ré-insuffler des « manières » aux modernes qui souhaitent conserver des valeurs de tact et de savoir vivre.

J’adooore le coté complètement désuet (et pourtant non dénué de bon sens) de ces leçons de vie.

L’art de la rédaction d’une lettre, d’une correspondance professionnelle, d’une carte de visite, etc… Tout ça est passé de mode et pourtant c’est si rétro et plein de poésie ! D’ailleurs l’auteur a parfois un ton un sens de l’humour lui aussi passé de mode mais pourtant non dénué de saveur.

Petits extrait pour le plaisir des yeux :

Le tact c’est la surdité, la cécité, l’amnésie volontaire. Corolaire : c’est avoir du tact, avec quelqu’un qui n’a pas de tact, que de n’en montrer aucun.

Le mauvais gout n’est gênant (mais alors il l’est terriblement) que dans les plaisanteries, les allusions, la discussion. Il se définit alors, par antithèse en quelque sorte, comme l’art de joindre l’inutile au désagréable.

Constat de l’usage du téléphone : Lorsque deux femmes se téléphonent, la conversation comporte deux parties de longueur inégale : la première, la plus courte, qui commence par « bonjour » ; la seconde, de beaucoup plus longue, qui commence par « bon, alors au revoir ! »

Bref, ce livre est un amas de constats de mœurs, de règles de bonne conduite, de conseils en usage et de petit mots d’humour surprenants.

Il y a aussi tout un chapitre sur l’art de se faire des relations intéressantes. Une partie  assez surprenante, mais dont les détails sont rudement intéressant. Notamment dans les conseils sur la rédaction d’une lettre de condoléances, l’auteur énonce une évidence qui n’a pas manqué de me faire hurler de rire :

«  Mais ce n’est là que la technique, indiquée pour servir de cadre. A l’intérieur de ce cadre, laissez libre cours à votre spontanéité, à votre naturel, même avec quelques maladresses. Soignez surtout le deuxième élément, auquel, nécessairement, vous donnez un tour personnel : l’évocation de quelque trait éloquent, l’énumération exhaustive des qualités du défunt, le tout saupoudré de ce qu’il faut d’outrance en de pareilles circonstance ; et avec cela, on se fait, sur la mémoire du mort, des amis pour la vie.« 

Comments 5 commentaires »

Avec mes envies de voyage je bouge souvent et ce blog en fait l’écho. Parfois j’arrive même à monnayer des reportages qui me font voyager sans dépenser le moindre sou. Et en tant que blogueuse voyageuse, j’ai été invitée cet été à venir découvrir l’Andorre sans avantages fiscaux ou pistes de ski (rappelez vous, c’était ici et ). Or, cette saison, les andorrains ont décidé de remettre ça… avec du tourisme très décalé !

Si cet hiver ce sont les jeux olympiques qui tiennent le haut du pavé, l’Andorre a décidé de snober Vancouver et d’importer des sportifs pas comme les autres : des blogueurs français et espagnols. L’idée : instaurer les « andorrades », une compétition entre français et espagnols le temps d’un week-end.

4 équipes (2 françaises, 2 espagnoles), 4 épreuves, 5 gagnants.

Et devinez qui sont les deux premières équipes ?

  1. Les belettes (Équipe française, mixte, fair-play, généreuse et volontaire)
  2. Les espadons (Équipe française, « misogyne », bruyante mais plutôt forte en hockey ;-) )

Amis français vous pouvez être fiers : les blogueurs français ont bravé la ténacité espagnole et les problèmes de timing !

Et pour raconter ce week-end quoi de mieux qu’une petite vidéo réalisée avec brio par l’équipe de Doyoupinkanova* ?


ANDORRADES 2010envoyé par BuzzParadise.
(vous remarquerez au passage que cette vidéo est affiliée sur dailymotion à la thématique « ski extrême » (on est des sportifs ou on l’est pas)

Bref, ce fut un super week-end très sympathique avec une équipe française de fous et des blogueurs espagnols très ouverts au dialogue. Et même si les espadons vous diront le contraire (cf ça), les belettes ont assuré et méritaient de gagner.

Un grand merci à BuzzParadise et l’agence de promotion de l’Andorre pour ce concept funky. J’ai découvert à cette occasion que je n’aimais pas les équipement de hockey lorsqu’on est dessous mais que j’adore la luge sur rail à très haute vitesse (Merci Margot d’avoir supporté ça).

Parmi les blogueurs, une spéciale dédicace à Tijuna (le roi des belettes) sans qui notre suprématie n’aurait pas été si totale, et un merci aux autres pour l’ambiance de ce week end :

Pour la France :

Marie : chroniqueblonde.blogspot.com
Elodie : http://www.twiggy-blog.com
Laetitia : http://www.mllegima.net/blog
Gregory : http://www.pokemeimfamous.fr
Guillaume : http://www.suchablog.com
Osmany : http://www.ohmybloogness.com (son article )
Sébastien : http://www.dandies.fr
Tibaud : http://www.tijuana.fr (son article)
Jerôme : http://www.jayworld.fr
Jérémy : http://leblog.vendeesign.com (son article)

Pour l’Espagne :

Juan : juanpablo.ubiqua.es
Carlos : www.reporterasfashion.com
Eddy : destinosactuales.com
Jordi : www.ateneupopular.com
Juan Luis : etc.territoriocreativo.es
Jesus : www.fotonazos.es
Gisela : www.parachicas.net
Rodrigo : www.pandeblog.org
Ricard : quicoto.com

* Ne vous moquez pas du nom de l’agence, ces gars là m’ont fait dire du bien de Toulouse ;-)

Comments 6 commentaires »

Hier matin j’étais invitée à une projection de documentaire en avant première, ça se passait chez France télévision et cela traitait des dérives de la télé réalité. Étant plutôt friande de sujets de société, je me suis portée volontaire. Je m’attendais à un truc assez gentil sur la peopolisation de la société et de l’influence du petit écran sur nos comportements.

Et bien je l’ai eu dans l’os : s’il s’agit bien d’un documentaire sur l’influence de la télé il fut surtout question de l’autorité et de la caution morale de la télévision. Je suis sortie de là soufflée et ravie de voir ce niveau de documentaire programmé en prime time sur une chaine publique. Les enquêtes poussées et sérieuses me semblaient jusqu’à présent encore réservées à des chaines câblées ou à ARTE.

Le documentaire se fait en deux parties. La première relate une expérience de psychologie appliquée sous la forme d’un jeu de télévision. Plus exactement c’est l’expérience de Milgram transformée pour être adapté au contexte télévisuel. Une très bonne expérience sociologique ancrée sur un horrible scénario de jeu télé.

Le pitch :

Et si la mort en direct devenait un divertissement ? les dérives de la télé-réalité sont graves.Violences, tortures, humiliations dominent les programme dans le monde entier. La télévision détient elle un pouvoir spécial ? Dans les années 60, une expérience psychosociale prouvait que 62% des individus administraient des choc électriques extrême en obéissant aux ordres d’un scientifique. L’équipe de Christophe Nick a transposé cette expérience à l’univers des jeux télé. 80 français, un jeu aux règles abjectes. Vont ils se soumettre aux ordres de Tania Young qui exige qu’ils infligent des chocs électriques à un inconnu. Qui va se soumettre ? Combien oseront désobéir ? Une expérience extrême et une réflexion profonde sur le rôle de la télé d’aujourd’hui.

La présentation vidéo :

Je n’ai malheureusement pas pu rester pour la seconde partie du reportage et du débat. Mais pour la peine j’ai hâte de voir le documentaire en entier. Car le programme est exemplaire. On présente le projet, on montre quelques résultats puis on procède à l’analyse des faits avant de donner des avis expliquant les résultats hallucinants qu’ont obtenu les scientifiques. C’est rigoureux et pourtant pas soporifique. Il y a certes quelques longueurs mais qui sont nécessaires à rendre ce qu’ont vécu les faux-candidats.

La synthèse est d’autant plus « violente » que l’expérience démontre que la télé dépasse désormais l’emprise qu’avaient autrefois la religion ou l’autorité fasciste lorsqu’elle choisit d’utiliser son autorité. Un objet qui n’existait pas il y a 50 ans a assis une domination morale et sociale dont n’aurait jamais rêvé un dictateur.

Puisque les français regardent en moyenne le petit écran 3h30 par jour (et ce depuis l’âge de 5 ans), leur société s’est pétrie des valeurs télévisuelles qui ont pris un virage extrême avec l’apparition de la télé réalité. Car, là où régnait avant la démonstration et l’information, ont pris place des émissions qui démontrent qu’il faut vaincre, voire humilier l’adversaire si on souhaite gagner. Des valeurs morales qui ne passeraient pas hors du contexte « émission » mais qui sont rendues légitimes par un simple plateau de jeu télévisé !

Il faut se rendre compte que dans cette fausse-émission, 50% des cobaye ont obéit sans jamais contester, bien qu’ils s’agisse d’électrocuter quelqu’un ! Et la parole de fin, exprimée par Jean Léon Beauvois (chercheur en psychologie sociale), fait elle même office d’électrochoc :

« 80% des gens normaux se sont comportés en tortionnaire, ce qui reflète un pouvoir acquis par les télé qui est terrifiant. Avant il y avait la masse des fidèles, des travailleurs ou des soldats. Maintenant il y a la masse des téléspectateurs parce qu’ils ont été pétris par les mêmes talkshows et que cette influence est un totalitarisme. »

(Ce n’est pas la citation exacte mais presque, je l’ai notée dans le noir ;-) )

Comments 7 commentaires »

Le chômage, c’est ça, savoir faire contre mauvaise fortune bon cœur.

Car passé les six premiers mois, ceux où on a la rage,  où on y croit, où on enchaine les lettres de motiv’ avec brio, on apprend à « perdre » une offre d’emploi quand l’entretien démontre que les recruteurs ne sont là que pour passer le temps et que, de toute façons, le poste ne sera pas ouvert.

Quand on commence à « faire carrière » dans le chômage, on apprend à ne pas se fixer sur la recherche d’emploi et à s’investir dans d’autres projets. On apprend avant tout à s’économiser nerveusement, à s’entretenir moralement et à dépenser son énergie et sa créativité dans des projets différents, souvent associatifs mais quasiment toujours bénévoles.

J’avoue, si je n’avais pas mes petites affaires en rapport aux blogs, je serais au bord de la dépression. Mais à devoir faire preuve d’inventivité, de motivation et d’inspiration, on sauve ce qu’on a encore d’estime de soi et de qualité professionnelle.

Mais pour combien de temps encore ?

Cette année 1 million de chômeurs arriveront en fin de droit. Ça fait flipper !

Et pourtant je vis avec quelqu’un qui pourrait m’entretenir au cas où, je commence aussi à faire mon trou dans le secteur.

Mais pourquoi est-ce si dur de devoir annoncer publiquement que je suis au chômage ? Pourquoi est-ce si dur de reconnaitre que je galère pour trouver un job complémentaire (ou a temps plein) depuis six mois ?

On a beau ne pas se laisser couler, il n’est pas facile d’être ressentis comme des gens qui se laissent aller.

Comments 18 commentaires »

Bien qu’étant une très grande consommatrice de produits bio et éco-conçus, je n’ai jamais fait le lien entre certaines marques et leur région d’origine. Après ce week-end à la rencontre des acteurs de l’économie bio en Ardèche, j’ai pris conscience que ceci est à la fois une affaire de terroir et de volonté individuelle de s’impliquer. Ainsi, si l’Ardèche est un département aussi impliqué dans l’économie verte, cela tient à son contexte environnemental préservé d’une part, et à l’impact qu’a celui-ci sur les entrepreneurs locaux.

Certaines marques locales ont plus de 15 ans d’existence et sont à l’origine d’innovations qui nous paraissent allant de soit, comme la holding Euro Nat (qui sert d’exemple régional) qui est à l’origine de l’introduction du quinoa en Europe (par sa filial Priméal). D’autres sociétés locales se sont orientées vers le bio car leur petite taille les oblige à se démarquer vers une qualité qu’ils n’entrevoient que dans le bio (le panier du maraîcher par exemple qui se voit récompenser aujourd’hui par une distribution dans les épiceries fines de la capitale).

Présentation de la marque ardéchoise « le panier maraîcher »

Cette implication dans la préservation et l’utilisation des ressources naturelles est d’ailleurs tangible à toutes les échelles humaines du département. Ainsi c’est en Ardèche qu’on retrouve les premiers projets aboutis d’habitations particulières en éco-construction (à la fin des années 80). Les collectivités territoriales sont aussi parmi les plus impliquées dans les équipements collectifs responsables (chauffages collectif aux bois et géothermie).

Mais ces implications de l’agriculture et du business bio ne seraient rien s’il n’y avait pas derrière des histoires humaines qui mêlent la réussite économique et humaine.

J’ai été particulièrement séduite par la success story de la créatrice d’Anakae (site). Une ancienne régisseuse télé qui décide de couper court à sa carrière trépidante pour recentrer sa vie sur une existence en accord avec ses dispositions et ses attentes. En conjuguant son goût pour les cosmétiques et le rythme tranquille de la vie à la campagne elle s’est lancée. Et aujourd’hui elle est à la tête d’une petite entreprise de cosmétiques au lait d’ânesse qui mêle le respect de la vie animal, du rythme de vie ardéchoise et la production de produit bio de très grande qualité. La reconnaissance est là puisque sa gamme se démarque du marché actuel avec une très forte teneur en lait et une proportion d’ingrédients bio bien plus élevée que chez la concurrence. D’ailleurs j’ai tellement accroché que je suis repartie avec des produits ;-)

Il y a un autre trait de caractère que je trouve très attachant chez les producteurs bio que nous avons rencontré lors de ce week-end, car si le bio est le caractère qui les rapproche, ils sont surtout nombreux à replacer l’échelle humaine au centre de leur entreprise. En rencontrant les vignerons du domaine des Miquettes, c’était d’autant plus visible qu’ils ont créé une association loi 1901 pour permettre à chaque adhérent de découvrir la vie d’un domaine, la récolte à la main et la pressure à l’ancienne. Pour ne pas céder au « business », pour partager, pour profiter et pour s’apporter les uns aux autres.

Paul Esteve du Domaine des Miquettes et Karine Gambier d’Anakae sont des personnalités qui savent faire s’intéresser à leurs produits par leur éthique et leur façon de voir les choses (comme si les produits ne se suffisaient pas à eux mêmes)

En somme, si l’Ardèche est un département modèle dans l’économie verte, c’est avant tout parce que le pragmatisme local a permis de ne pas s’oublier dans le développement. Et si la réussite est là aujourd’hui, c’est parce que la sincérité des engagements a permis de conserver l’authenticité dont le public est aujourd’hui demandeur.

Crédit photo (de tout l’article) : Christophe Gressin

Comments Pas de commentaire »