Depuis la semaine dernière, je m’étais dit que je n’écrirais pas d’article sur ce qui s’est passé à Paris.
Le terrorisme, les morts et l’état de siège émotionnel, ce sont des sujets sur lesquels je ne veux pas écrire.

Parce que l’écrire, c’est lui donner du poids et redire ce que d’autres disent surement mieux que moi. Mais c’est aussi partager quelque chose que je trouve trop intime et trop évolutif. Fixer ses émotions sur du papier, c’est les cristalliser et renforcer leur pouvoir. Or, c’est une chose dont je n’ai pas envie, en tout cas pas en ce moment.

Pourtant, force est de constater que ce qui s’est passé continu à avoir de l’influence sur moi.
Parce que je sors à peine de dépression, parce que le lien avec ceux qui sont mort existe, parce que ça s’impose alors que j’ai la tête à autre chose. J’y pense, je m’afflige, je pleure, je m’inquiète et puis j’avance. Mais ça m’a fragilisé.

Pas parce que j’ai peur, ni parce que je suis en colère. Mais parce que j’ai de l’empathie pour les familles des disparus. Parce que même en filtrant l’ensemble des informations, j’ai eut ma part de sang.

Je pense à ces familles qui ont été amputée d’une personne « sortie prendre du bon temps ». Et je pense à ma famille à moi
Je me sens mal ;  car je perds pied en pensant au gouffre dans lequel ils ont été jeté. Parce que je m’en veux de croire que je peux partager et comprendre ce qu’ils traversent. Parce que je sais que mon chagrin pour eux ne les aidera pas plus à traverser ce cauchermar.
Parce que j’ai l’impression de me faire du mal en me mettant ainsi à leur place.

Pourtant je ne peux pas faire autrement.
J’ai beau ne plus consulter les médias et éviter les discutions de comptoir … Ces témoignes arrivent et je fini invariablement par les lire ou les « entendre dire ».

Or, au delà du pathos et d’un certain devoir d’information pour savoir et comprendre, pourquoi s’infliger cet amas de chagrins et de peines ?
Ce qui devra arriver arrivera, et ce qui s’est passé est déjà passé.
J’ai pleuré, je compatis, j’ai du chagrin… mais je ne veux pas continuer à souffrir des peines qu’on m’impose.
Je veux finir de combattre mes propres démons et agir sur des sujets auquels je peux faire qqch.
Je ne veux pas qu’on me dise ce que je dois penser et ressentir.
Je veux me tourner vers l’avenir et ignorer les angoisses.

A choisir entre le sage et le fou, je veux être celle qui s’aveugle pour mieux aller de l’avant.
Et advienne que pourra !

 

 

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