Archives pour la catégorie “Vous avez dit philosophie?”

Septembre dernier

En sortant d’un resto avec des anciennes copines de promo je marche en direction de chez moi. Tout d’un coup c’est la simple douleur d’une ampoule naissante qui va me faire embrasser du regard la scène ou j’évolue. En petite robe noire , installée sur d’adorables richelieu à talons, un sac sous le bras j’évolue sur un trottoir éclairé en lumière tamisée avec le Louvre et ses colonnes en toile de fond. Il ne fait ni trop chaud, ni trop froid. L’instant se fige comme sous l’influence des reflex des japonaises gloussantes que je croise.

C’est là que je prend la mesure de ce que je suis, que j’épouse ce que que je ressens en ayant définitivement terminé ma vie de jeune fille et que le toc-toc de mes talons m’annonce joyeusement que je suis une jeune femme épanouie.

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Avec les différents problèmes de santé non graves mais réguliers que je me traine, j’ai appris petit à petit à essayer d’écouter mon corps. Et avec les problèmes gluten/lactose que j’ai eu l’année dernière c’était même un exercice régulier et pas apprécié du tout que je devais faire. Or, à force de régularité, on peut voir certains symptômes revenir et finir par identifier des liens de cause à effet. Le truc, c’est que les causes sont régulièrement remises en question, camouflées ou mises en exergue par l’effet d’autres éléments qui viennent perturber le premier signal.

Bon, jusqu’alors rien de nouveau sur la condition humaine.

Oui mais quand même, quand je vois la difficulté à identifier un symptôme et plus encore sa cause, je me dis que les quelques 3000 ans qui nous séparent des premières médecines ont quand même tôt fait d’arriver à une médecine allopathique compétente.

Seulement en plus de ce simple constat naïf et parfois trop conciliant il reste qu’aujourd’hui j’ignore toujours pourquoi je fait de l’eczéma en dehors du virus, du stress corporel, de la sècheresse de la peau et du stress psychologique. Et là, la littérature « santé » s’engouffre dans ce créneau porteur qui permet d’expliquer n’importe quoi avec d’autre n’importe quoi.

Je sais, la littérature de « bien être et développement personnel » est l’une de mes spécialités en librairie. Et s’il y a une chose que j’ai bien compris c’est que si on a un problème de santé, on est toujours sûr de trouver sa solution ou du moins une explication dans cette littérature. A tort ou a raison, pour moi l’essentiel c’est que ça fait vivre son homme, perdurer l’espoir et surtout que ça ne tue personne. Mais malheureusement quand certains auteurs prétendent que la chimio vous cause le cancer qu’elle devrait guérir, il y a des gens pour y croire et tout arrêter en partant prier en Inde plutôt que de se soigner. Certes je ne suis ni médecin ni devin et je ne saurais jamais vous dire que faire, mais je reste à ma place de libraire pour vous dire que de bons conseils ne valent pas un bon médecin. Et que s’il ne faut pas complètement se reposer sur l’allothérapie il ne faut pas non plus se jeter corps et âme dans les autres médecines.

Pour moi c’est en lisant ces proses que j’ai fini par me comprendre et concilier les points de vue médical, physique et ce que je ressentais vraiment. Comme quoi tout livre est bon quand on finit par y prendre ce dont on a besoin au lieu de les avaler comme des dogmes savants et incontournables.

En écoutant bien mon corps je fini par comprendre les pourquoi et les comment des « plaies » quotidiennes.
Notamment l’eczéma étrangement lié au fait de manger du lait… C’est ce qui a fait penser à une intolérance au lactose. Au final pour mon cas il n’y a aucune allergie ou intolérance grave à ce même lactose, c’est bêtement qu’en mangeant des aliments que je ne digère pas, je fais travailler mes intestins qui n’arrivent pas à accomplir leur tâche, ce qui produit un stress de l’organisme. L’eczéma apparaissant avec le stress c’est un symptôme relié à l’intolérance mais pas directement…

C’est en cheminant tout doucement sur ces raisonement que l’on finit par identifier les causes et les remèdes. Mais effectivement le corps est une mécanique complexe dont le message peut souvent être biaisé. A chacun de choisir d’ouvrir et de réparer aux outils ou d’écouter plus en avant et voir si seule la mécanique est en cause.

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Cet automne, pour préparer la Samhain, on est parti entre amis à Provins, histoire de profiter d’un bel automne en campagne lors d’un weekend relax et amical.

Certains ici ignorent surement ce qu’est la Samhain, donc pour être claire sachez que c’est une fête traditionnelle païenne qui célèbre la fin de l’année. C’est aussi le passage dans la période sombre de celle ci. Pour nous c’est surtout le coté « fête de passage » qui nous intéresse dans cette date. Elle suggère de clore l’année précédente avant de rentrer dans la nouvelle.

Si j’apprécie beaucoup cette symbolique, c’est qu’elle s’ajuste parfaitement avec le rythme des saisons et de la psychologie. Marquer Samhain c’est en profiter pour faire le point sur l’année écoulée et l’état de notre vie, avant d’entrer dans l’hiver qui est une période de repos et d’intériorisation. C’est un peu le ménage de printemps de la psyché.  Or, comme l’automne se prête parfaitement au ressassement des émotions, Samhain nous permet de théâtraliser un peu la remise en question annuelle et de mettre les formes sur une remise en question trop anarchique à mon goût.

Bref, pour cette année on est parti se planquer un weekend dans un gite en plein cœur du Provins médiéval. On a profité d’un très joli soleil d’automne pour se reposer, faire de la bonne bouffe et se promener tranquillement. Qui plus est, puisque l’une de nous est en début de grossesse, c’était aussi l’un des derniers weekends ensemble avant le passage à l’âge adulte. Et quelque part ça marque.

Chaque année je me dis la même chose : « on est en train de vivre un changement » et pourtant chaque année je me dis que ce changement est plus important que le précédent. Mais ce weekend j’ai vraiment touché du doigt un changement plus profond qui m’a poussé à profiter de chaque moment passé avec les autres puisqu’on savait que ça changerait. Je n’en conçois aucune tristesse, mais j’en ai apprécié d’autant plus ces moments.

J’ignore si certains d’entre vous utilisent l’automne pour faire aussi un point comme cela, mais si ça vous dit d’essayer je vous y encourage car la saison se prête vraiment à ce ménage mental. Je profite donc de ce message ‘raconte moi ta vie‘ pour souhaiter une joyeuse Samhain aux païens qui trainent par là et un bel automne aux autres en les encourageant à profiter des couleurs de cette saison pour s’adonner aussi à « l’instant présent »

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L’autre jour je parlais d’email et de la nécessité de mettre les formes si on veut être compris juste et sans émotivité trop polluante. Cette abréviation ASAP (as soon as possible) est la première d’un tas d’abréviations et autres quiproquos prétextes à insultes voilées ou marques de supériorité hiérarchique mal vécues.

C’est pour moi une excellente amorce pour vous causer de la communication non violente.

Pour préciser de suite : non je ne suis pas une fervente pratiquante de la communication non violente ; je suis trop passionée et tête en l’air pour arriver à la mettre en pratique tout le temps, et je ne parle même pas de mon manque de patience 😀

Donc la communication non violente c’est quoi ?

C’est l’art du bien dire les choses en ayant bien réfléchi. L’idée de cette forme de communication vient de Marshall Rosemberg auteur du livre « les mots sont des fenêtres ». On part du principe que tout élément de communication est prétexte à l’incompréhension de l’autre, de soi, et du partage d’un « dire ». En bref on pèse le potentiel agressif de la communication et on le dissèque pour voir ce qui est source de problème. A partir de ce constat on met en place une méthodologie de communication afin d’éviter l’entrée en scène du moindre problème.

Cela donne au final une méthode en quatre actes qui permettent de peser ce que l’autre dit, ce qu’on en pense, ce qu’on veut dire et comment le faire entendre à l’autre sans faire violence à chacun des partis ou négliger le propos.

Dans les fait cela oblige à savoir s’écouter, écouter l’autre et prendre le temps de réfléchir. Dans la vie de tous les jours c’est loin d’être d’une application facile. Mais en se permettant de pratiquer cette forme de communication régulièrement, à petites doses, on finit par polluer sa manière de faire habituelle et des bulles de non violence s’invitent lors des conflits (oui je sais c’est poétique ce que je dis).

La méthode :

C’est pas compliqué : il y a quatre actes. Le tout est de bien les observer et le reste vient souvent de lui-même. Autre clef de la démarche : l’honnêteté envers soi et ses sentiments.

  • Faire un état objectif des faits :

On m’a dit quelque chose, je constate quelque chose : le tout est de regarder honnêtement les faits. Ainsi quand « Machin m’a dit que » je répète mot pour mot la phrase pour en constater chacun des éléments. Si j’ai du mal à me rappeler, je demande de répéter. Et il n’est pas toujours facile de garder un regard objectif… Surtout quand on doit se répéter une critique qu’on vient de faire sur nous.

  • S »écouter penser/ressentir :

Une fois qu’on a écouté objectivement les faits, il est temps d’écouter ce que l’on en pense. Le plus simple est de s’exprimer ce qu’on ressent. C’est le passage du « je me sens vexé d’entendre cette critique que je trouve injuste » ou « je suis content qu’il ait remarqué ce fait, mais je n’apprécie pas l’avis qu’il en a ».

  • Expliquer ses besoins :

Quand on reconnait son sentiment, il vient naturellement une petite voix de la conscience qui reconnait ce qui est plus ou moins juste et surtout ce qui est plus ou moins faisable. Il s’agit alors de dire objectivement quel besoin on éprouve vis à vis des faits et des ressentiments qu’on en éprouve. C’est à dire que « j’aurais aimé que tu approuves mon choix » « j’aimerais qu’on respecte ce que je demande« ,

  • Choisir les mots :

Une fois qu’on a pour ainsi dire « checké » les faits : ce qui se passe, ce que je ressens, ce que je veux, il va falloir synthétiser et formuler cela à l’autre pour que la communication soit totale et « parfaite » si je puis dire. L’une des clefs est de ne jamais employer de négation. Les ne, n’ et non braquent invariablement les gens. Dans les fait ça nous donne souvent une prise de parole artificielle voir scénarisée :

Tu as vu que je n’avais pas fini ce dossier et tu m’a exprimé ta désapprobation en me citant d’autre jours où je n’ai pas rendu mon travail à l’heure. J’ai eu le sentiment d’être pris en faute car effectivement je n’ai pas trouvé le temps de finir ce travail et j’ai aussi été vexé que tu me reproches d’autres évènement comme si j’étais un mauvais élément. J’ai eu du retard sur un précédent dossier et je n’ai pas eu le temps de finir celui ci, il m’aurait fallu plus de temps ou de l’aide pour résoudre les problèmes du précédent. J’entends bien ton problème quant au retard que l’on prend et je vais faire un effort pour te montrer que je t’écoute. Je vais donc classer le dossier que tu me demandes et reprendrai l’autre après en espérant aussi que ça m’éclaire quant au problème sur lequel je bute. Si tu veux m’aider j’accepterai aussi ton implication face à notre problème commun et je t’en remercierai. »

Un discours pareil avec quelqu’un qui ne s’essaye pas à la communication non violente est ridicule et carrément impossible à tenir avec quelqu’un qui ne veut pas écouter. Mais, si vous essayez de ne faire que les premières étapes, vous découvrirez que vous trouverez mieux les mots avec quelqu’un de problèmatique. Et si vous avez la chance de tomber sur quelqu’un qui vous écoute, alors là c’est banco en règle générale. Si la méthode est artificielle, elle a pour vertu de dénouer la plupart des conflits.

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En rentrant des puces de St Ouen avec le chéri, on discutait gentiment de tout et de rien avant de dévier sur la littérature et sa mauvaise influence sur notre siècle. En rentrant j’ai bricolé une petite image.

J’espère que les fan d’Hugo et du romantisme allemand apprécierons sans trop râler, l’image s’appelle d’ailleurs « c’est la faute à Victor ».

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( Puisque je vadrouille aujourd’hui je vous pose une citation histoire de vous occuper. Alors on râle pas et on tâche d’apprecier avec volupté la force des écrits d’Hugo)

 

Il y a des hommes océans en effet.

Ces ondes, ce flux et ce reflux, ce va-et-vient terrible, ce bruit de tous les souffles, ces noirceurs et ces transparences, ces végétations propres au gouffre, cette démagogie des nuées en plein ouragan, ces aigles dans l’écume, ces merveilleux levers d’astres répercutés dans on ne sait quel mystérieux tumulte par des millions de cimes lumineuses, têtes confuses de l’innombrable, ces grandes foudres errantes qui semblent guetter, ces sanglots énormes, ces monstres entrevus, ces nuits de ténèbres coupées de rugissements, ces furies, ces frénésies, ces tourmentes, ces roches, ces naufrages, ces flottes qui se heurtent, ces tonnerres humains mêlés aux tonnerres divins, ce sang dans l’abîme ; puis ces grâces, ces douceurs, ces fêtes, ces gaies voiles blanches, ces bateaux de pêche, ces chants dans le fracas, ces ports splendides, ces fumées de la terre, ces villes à l’horizon, ce bleu profond de l’eau et du ciel, cette âcreté utile, cette amertume qui fait l’assainissement de l’univers, cet âpre sel sans lequel tout pourrirait ; ces colères et ces apaisements, ce Tout dans Un, cet inattendu dans l’immuable, ce vaste prodige de la monotonie inépuisablement variée, ce niveau après ce bouleversement, ces enfers et ces paradis de l’immensité éternellement émue, cet insondable, tout cela peut être dans un esprit, et alors cet esprit s’appelle génie, et vous avez Eschyle, vous avez Isaïe, vous avez Juvénal, vous avez Dante, vous avez Michel-Ange, vous avez Shakespeare, et c’est la même chose de regarder ces âmes ou de regarder l’océan.

 

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Paris Match :

– « Depuis des décennies, vous étudiez les philosophies, les religions, le chamanisme, l’alchimie, la kabbale, etc. Qu’en avez vous tiré ? « 

Alejandro JODOROWSKY:
– « Ce ne sont que des solutions pour apprendre à mourir. La sagesse est là. Si l’on accepte que l’on est mortel, elle arrive toute seule. Pendant 40 ans, j’ai eu peur de la bombe atomique et puis, un jour, je me suis dit que prendre un coup de couteau dans la rue ou se faire renverser par un bus, c’est la même chose, c’est un mourir. Alors autant profiter tranquillement du moment présent. »

Extrait d’interview trouvée au hasard d’une salle d’attente de dentiste :

En même temps à quoi sert de croire sinon apprendre à vivre?

De là à dire que finir par dépasser les croyances pour appréhender la foi est accepter de mourir…

On va encore passer pour des branleurs d’égo mais avouez que ça sonne bien :p

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